Table Littéraire 28 Mai 2016

mercredi 1er juin 2016
par  Le webmestre
popularité : 90%

JPEG - 194.7 ko

Le livre retenu pour une lecture commune était « La gifle » de Christos Tsolkias.

Nous sommes à Melbourne chez Hector et Aisha et leurs deux enfants Adam et Melissa un jour où ils réunissent famille, amis, collègues autour d’un barbecue. Au cours de l’après-midi, Hugo un enfant de presque 4 ans menace un autre enfant Rocco avec une batte de base-ball. Pour protéger son fils, le père de Rocco, Harry, réagit de façon instinctive, rattrape la batte au vol et donne une gifle à Hugo.
A partir de là, les camps vont s’affronter entre les partisans de la gifle dont Hector le maître de maison entre autres et les opposants, dont Aisha sa femme, amie d’enfance de Rosie, la mère de Hugo.

Il est difficile au tout début du récit de se retrouver entre les différents personnages mais c’est un bon prétexte pour l’auteur qui s’est inspiré d’un incident similaire dont il a été le témoin pour camper le décor.

Puis le récit va se dérouler autour de 8 chapitres, chacun consacré à un des personnages principaux, ce qui donne à chacun une toile de fond et permet une exploration de la société australienne dans beaucoup de ses composantes.

Il y a Hector, la quarantaine, de famille grecque immigrée, fonctionnaire, content de la vie avec sa femme mais qui a des aventures, dont une peu claire avec Connie, une jeune lycéenne de 17 ans qui travaille après la classe dans la clinique vétérinaire de sa femme Aisha et qui fait du baby-sitting pour Hugo.

Aisha, elle, est d’origine indienne ; elle dirige sa clinique de façon très compétente et très professionnelle. C’est une femme belle, autonome, une bonne mère, bonne maîtresse de maison. Qui au hasard d’un congrès vétérinaire à Bangkok va avoir une aventure avec un confrère sino-canadien. Avant de rejoindre son mari à Bali pour une semaine de retrouvailles qui va se révéler difficile.

Rosie, la mère de Hugo est une baba cool qui vit très chichement avec son mari Craig peintre raté et alcoolique réussi ; elle allaite toujours son fils qu’elle défend bec et ongles. Pour se faire, se rend à la police, dépose plainte et refuse les excuses que Harry est venu lui faire et poursuit jusqu’à ce que l’affaire arrive devant un tribunal.

Harry qui a donné la gifle est le prototype de l’homme qui a réussi avec ses 3 garages, sa maison à Brighton Beach, banlieue très cossue où résident plutôt des anglo-australiens. De sympathique au tout début_ au fond Hugo n’a que ce qu’il mérite_ on voit un homme violent et brutal qui a déjà frappé sa femme Sandi, d’origine serbe, par le passé. Il se drogue et entretient une maîtresse, Kelly. Il devient dès lors troublant que ce soit précisément lui qui ait donné la gifle.

Manolis le père d’Hector est arrivé en Australie avec d’autre Grecs. Ils se sont beaucoup fréquentés avant le mariage qui les a dispersés. A la lecture des avis de décès du journal de la communauté grecque, il constate la mort d’un ami de cette époque. Il se rend à l’enterrement, y revoit des gens de cette époque. Ses valeurs ont été le travail, la famille, la réussite de ses enfants. Sa femme Koula est dépeinte comme une vraie mégère. On le sent perdu, l’âge venant. Il n’approuve pas le mode de vie anglo-australien qui lui a toutefois permis d’avoir un avenir.

Anouk l’amie d’enfance de Rosie et d’Aisha, d’origine juive, croate travaille dans le milieu de la télévision sur des séries pour jeunes. Elle a pour amant Rhys, beaucoup plus jeune qu’elle, qui est le héros de la série et qui a plein de très jeunes groupies. Très indépendante, elle représente bien la femme de 40 ans, libre. Elle est de loin la plus cultivée de tout le livre. Elle veut quitter son travail pour se lancer enfin dans l’écriture d’un roman. Les trois amies se retrouvent dans des bars branchés pour prendre un verre, draguer, et se raconter leur vie.

Bilal, aborigène marié à Shamira, mauvais garçon qui s’est converti à l’Islam et qui a radicalement changé de comportement depuis permet un éclairage sur les relations entre aborigènes et autres australiens.

Parmi les jeunes, il y a Connie qui vit chez sa tante Tasha, qui l’a recueillie. Son père Luke est mort du Sida en Angleterre après avoir contaminé sa femme Marina, morte elle aussi. Elle est intelligente, débrouillarde, a des amis d’origine diverses qui en année de Terminale attendent les résultats pour la poursuite des études supérieures. Elle est amoureuse de Hector.

Richie un ami de Connie, est lui aussi amoureux d’Hector. Il découvre son homosexualité. C’est le fils de Craig, routier qu’il voit de façon très épisodique et de Tracey qui travaille à la clinique. Moins brillant que Connie.

Plusieurs thèmes traversent le livre :
- 1. l’immigration et ses difficultés : Manolis et presque chaque personnage
- 2. l’interculturalité
- 3. le couple Hector/Aisha, Harry/Sandi, Manolis/Koula, Anouk/Rhys
- 4. l’amitié entre les 3 femmes Aisha, Rosie et Anouk
- 5. la place des aborigènes
- 6. la jeunesse Connie/Richie et leur bande
- 7. l’alcool, la drogue

Les échanges entre la dizaine de personnes assistant à la Table Littéraire ont été nombreux et animés ; ils portaient beaucoup sur la personnalité des personnages. La question des punitions corporelles n’a pas vraiment été abordée. Tout le monde a reconnu qu’Hugo était un enfant pour le moins difficile et que cette gifle n’était en fait que l’excuse pour l’auteur d’aborder la situation d’une famille élargie d’immigrés avec leurs problèmes d’insertion. Il est apparu que le beau frère, aborigène, donc un vrai Australien, en se convertissant à l’islam devient lui aussi un immigré.

Lecture foisonnante, personnages bien campés, intrigue qui se tient. Le livre a remporté un vif succès et a été adapté en série.

Prochaine Table Littéraire : Samedi 25 juin 2016. Thème : lectures pour l’été.


Commentaires

Brèves

27 juin 2016 - L’école La Mosaïque vous invite à la conférence

« Autorité et bienveillance »
Le vendredi 01/07 de 17h à 19h30 à la Maison des Sociétés, Lire les (...)