COMPTE RENDU TABLE LITTERAIRE 12 SEPTEMBRE 2015

Coups de cœur de l’été
mercredi 16 septembre 2015
par  Le webmestre
popularité : 38%

Du lecteur occasionnel au « dévoreur » de livres, la table littéraire est un lieu ouvert à tous où l’on vient parler de bouquins qu’on a aimés. On échange, on partage des lectures jusqu’au rendez-vous suivant, lors de l’ouverture du café, c’est toujours à 17h.

Ensemble nous décidons parfois de lire un même livre ou de se plonger tous dans des lectures d’un style particulier. Pour le café d’octobre chacune et chacun apportera un « polar » et en décembre un « récit de voyage »…

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Le talentueux Mr Ripley

Patricia HIGHSMITH

Le Livre de Poche 1991

Traduit de l’Anglais (Américain) (The talented Mr. Ripley) par Jean Rosenthal

Voici la nourriture spirituelle que Claire aurait proposé si elle n’avait pas dû assurer les nourritures temporelles !

M. Greenleaf, richissime américain, possède une entreprise qui fabrique des voiliers. Il voudrait que son fils, Richard dit Dickie, en reprenne la direction. Mais Dickie préfère prendre le soleil et faire du bateau sur la côte amalfitaine en compagnie de Marge. M. Greenleaf dépêche alors Tom Ripley en Europe pour tenter de le raisonner.

Arrivé en Italie, l’ambitieux Tom Ripley approche progressivement Dickie pour s’en faire un ami, tout en profitant de l’argent envoyé par le père pour se prélasser sans réellement s’acquitter de sa mission. Et se développe un projet diabolique : se substituer à Dickie et s’approprier sa vie de rêve. Le personnage de Tom Ripley est le prototype du personnage immoraliste, séduisant, cynique, pervers et démoniaque.

Claire a aimé deux mondes différents qui se mêlent et le fait que la frontière entre les personnes normales et anormales est vague. En outre, le personnage de M. Ripley fait froid dans le dos tout en étant fascinant !
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JPEGLe quatrième mur

Sorj CHALANDON

Grasset 2013

Proposé par Marie

Nous sommes à Paris dans les années 80 où un jeune homme fait du théâtre et écrit. Il a « fait » Mai 68, puis s’est marié et a une petite fille. Il rencontre Samuel, auteur de théâtre, grec et juif qui veut monter « Antigone » à Beyrouth. Pour chacun des rôles, il cherche un non-comédien issu de chaque ethnie ou religion coexistant au Liban. Entre-temps, Samuel tombe gravement malade et demande au personnage principal du livre de reprendre son projet et de le mener à bien.

Au bout de quelques mois, on retrouvera un homme transformé qui a appris beaucoup de choses et qui retrouve avec grande difficulté sa vie après avoir vécu des scènes très marquantes.

Marie recommande ce livre qu’elle a trouvé très poétique.
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Réparer les vivants

Maylis de Kerangal

Editions Verticales Gallimard 2014

Proposé par Daniel

Maylis de Kerangal a installé son roman sur vingt-quatre heures dans le monde hospitalier, autour d’une transplantation cardiaque, vue par tous les angles. Nous suivons Simon, le jeune homme qui va être accidenté, sa famille, les équipes médicales, le receveur. On oscille entre le collectif et l’intime. Maylis de Kerangal a su rendre ce sujet a priori très lourd de façon sensible et forte à la fois et à en faire un hymne à la vie.

Daniel a eu un vrai coup de cœur pour la prose poétique de ce livre.

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Prendre dates Paris, 6 janvier-14 janvier 2015

Patrick Boucheron et Mathieu Riboulet

Verdier 2015

Proposé par Pierre

Ce livre paru en mai 2015 n’a fait aucun bruit lors de sa parution. Les auteurs, Patrick Boucheron, historien spécialiste du Moyen-Age et Mathieu Riboulet, auteur de fiction, reviennent sur la période des attentats de janvier en France. Ils ne donnent pas de réponses mais obligent à repenser les choses, sans donner de leçons pour autant. Ce livre est très fort. « Ce récit-là est une contribution, avant que l’histoire ne se fige et que les pages se tournent. Nous souhaitons qu’il soit débattu, repris, démenti, en un mot qu’il vive bien au-delà de nous et ne reste pas sur le carreau comme les dix-sept corps assassinés et les trois corps assassins, à Paris, en janvier 2015 ».

Pierre a apprécié ce questionnement pertinent de bout en bout.
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Au-revoir là-haut

Pierre LEMAITRE

Albin Michel 2013

Proposé par Céline

Sur les ruines de la Première Guerre mondiale, ce livre nous fait suivre le quotidien de deux rescapés des tranchées qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés hors de ce contexte. A quelques jours de l’Armistice, des officiers veulent se mettre en avant et envoient au charbon des jeunes soldats. L’un des deux sauvera la vie de l’autre, il sera grièvement blessé et deviendra une Gueule Cassée/ Nous sommes face à ces deux hommes détruits physiquement et moralement. A la fin de la guerre, ils comprendront à quel point l’Etat est capable de glorifier ses morts sans tenir compte des survivants. Ils vont alors mettre sur pied eux-mêmes une escroquerie aussi gigantesque qu’amorale, en guise de revanche.

Céline qui connaissait le Pierre Lemaître auteur de thrillers a aimé cette fresque choc.
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La condition tropicale

Francis HALLE

Actes Sud 2010

Proposé par Karin

Dans cet ardent plaidoyer pour les tropiques, Francis Hallé défend une conception des basses latitudes à rebours des analyses actuelles. Ces régions, qui ont à ses yeux une importance bien supérieure à celle qu’habituellement on leur concède, constituent pour la planète tout entière une référence, un berceau, un moteur. Cette position, qui va de soi dans de nombreux domaines – climats, biologie, diversité ethno - logique, maladies, techniques agricoles… –, conserve toute sa pertinence en économie : avant d’être colonisées, les populations tropicales ne respectaient-elles pas l’environnement mieux que ne le font aujourd’hui les pays riches, victimes de leur surdéveloppement ? La question ici en jeu, rarement soulevée, est donc d’ordre planétaire : c’est celle de l’inégalité économique entre les tropiques et les latitudes tempérées.

Pour tenter d’y répondre, et après avoir dénoncé les contre-vérités des ignobles et tenaces théories racistes, l’auteur s’attache à évaluer les facteurs politiques – esclavage, colonisation, néocolonialisme –, mais ceux-ci, recevables pour les périodes récentes, ne permettent pas d’élucider, dans une vaste perspective historique, l’origine de ces inégalités entre les latitudes.

Il avance alors une hypothèse biologique : fondée sur la sensibilité de l’homme aux variations de longueur des jours, celle-ci expliquerait les différences comportementales qui, entre les tropiques et les latitudes tempérées, influencent profondément les structures psychologiques, les progrès scientifiques et les constructions sociales.
Face aux dérèglements actuels – changements climatiques, montée du niveau des mers, déforestation tropicale, pollution, érosion de la biodiversité, épuisement des ressources, pénurie d’eau potable –, face aux réflexes colonisateurs attisés par la mondialisation et à la survivance du racisme, il est urgent de mettre au coeur du débat cette “condition” de l’homme tropical.

Pour Karin, le livre qu’il faut lire parce qu’on ne peut pas ignorer une moitié de l’humanité.

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Un monde sans hiver

Francis HALLE

Points Sciences 2014

Proposé par Karin

Notre planète est multiple, et les tropiques n’ont que peu à voir avec les zones tempérées que nous habitons. La richesse et l’étrangeté de la faune et de la flore dans la zone intertropicale, les particularités de ses climats et de ses paysages en font véritablement un autre monde.

Mais les spécificités des tropiques sont également celles des hommes qui y vivent et de leurs sociétés, si différentes des nôtres par leur évolution. Aussi Francis Hallé propose-t-il une très audacieuse hypothèse, liant astronomie et biologie humaine, quant aux raisons de ces particularités, hypothèse qui pourrait bien déboucher sur une sérieuse révision des stratégies de développement des zones tropicales.

Francis Hallé, botaniste, a été professeur à l’Institut de botanique de l’université de Montpellier. Spécialiste de l’écologie des forêts tropicales, il a dirigé les missions du célèbre « radeau des cimes ».
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La fiancée américaine

Eric DUPONT

Editions du Toucan 2014

Proposé par Karin

Dans la généalogie de la famille Lamontagne, le 14 janvier 1900 est un jour à marquer d’une pierre blanche. C’est ce jour-là que fit son apparition à Rivière-du-Loup, sur les bords du grand Saint-Laurent la lointaine nièce que Madeleine-la-mère avait fait venir du New Hampshire pour donner une épouse à son fils Louis-Benjamin. Entre les deux tourtereaux, c’est le coup de foudre – ou son équivalent nordique, l’aurore boréale. L’arrivée de la belle Américaine à Rivière-du-Loup changera à jamais le destin de cette famille aux yeux sarcelle.

La Fiancée américaine est une extraordinaire saga familiale campée entre Rivière-du-Loup, Rome et Berlin. On y retrouve la genèse et le destin d’une lignée rare, peuplée d’hommes forts, de religieuses québécoises et de petites filles aux yeux bleus qui utilisent les tartes au sirop pour tuer leur frère.

Inspiré de faits bien entendu réels, ce roman célèbre la femme de façon unique. C’est un récit qu’on lit la main sur le cœur et l’esprit porté par le vent qui souffle, paraît-il, du bar de Rivière-du-Loup jusqu’au château Saint-Ange de Rome.

Karin a trouvé le livre_ qui a obtenu le Prix des Libraires du Québec 2013_ pas mal mais sans plus.

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Un oiseau blanc dans le blizzard

Laura KASISCHKE

Christian Bourgois 2006
Traduit de l’Anglais (US) (White bird in a blizzard) par Anne Wicke

Proposé par Karin
http://blogs.lexpress.fr/les-8-plum...
Par une froide journée de janvier, une femme disparaît dans l’une de ces banlieues trop propres et trop calmes que le cinéma américain nous a révélées. Le mari semble accepter cette absence et se résigner. Quant à Katrina, leur fille unique, elle croit régler avec un soin méticuleux et lucide ses comptes avec l’image d’une mère destructrice et détestée en secret. Mais alors pourquoi ces rêves obsédants qui hantent ses nuits ? Et comment une mère peut-elle ainsi s’évanouir dans le blizzard et tout abandonner derrière elle ? Laura Kasischke écrit avec une virtuosité glaciale le roman familial de la disparition et de la faute, pour nous laisser transis dans l’angoisse et la fascination de la littérature.

Karin a aimé l’atmosphère troublante et glaçante.

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Le tabac Tresniek
Robert SEETHALER
Sabine Wespieser 2014

Traduit de l’Allemand (Autriche) (Der Trafikant) par Elisabeth Landes

Proposé par Karin

En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession. Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente.
Si les rumeurs de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement l’éducation politique du montagnard mal dégrossi, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire. Ne sachant à quel saint se vouer avec Anezka, la jeune artiste de cabaret dont il est éperdument amoureux, il va chercher conseil auprès du « docteur des fous », Sigmund Freud en personne, client du tabac et grand fumeur de havanes, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, le professeur va finir par céder à l’intérêt tenace que lui témoigne ce garçon du peuple, vif et curieux.

Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié. Otto Tresniek, peu disposé à boycotter sa clientèle juive, s’attire les foudres de la Gestapo, tandis que Freud se résigne à émigrer en Angleterre.

Par la grâce d’une langue jubilatoire, d’une intrigue où la tension ne se relâche pas, et de personnages forts et attachants, voici un roman qui se lit d’un trait. L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidéle à leur enseignement de nager à contre-courant.

Pour Karin, une « petite » résistance face à la marée brune avec beaucoup d’ironie.

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Jusqu’ici et pas au-delà
Joachim MEYERHOFF
Anne Carrière 2014
Traduit de l’Allemand (Wann wird es endlich wieder so, wie es nie war) par Corinna Gepner

Proposé par Karin
Ce roman autobiographique raconte la jeunesse de l’auteur entre les murs de la clinique psychiatrique Hesterberg, que dirigeait son père, pédopsychiatre.
Benjamin de trois frères, Joachim doit lutter pour retenir l’attention de ses parents. Il voue un véritable culte à son père, un homme obèse et obsessionnel, lecteur compulsif, bienveillant, mais totalement accaparé par son métier. La famille habite une maison située dans la grande propriété qui accueille les divers bâtiments de la clinique, entourés d’un parc.

Dans cette chronique drôle, subtile et émouvante, Meyerhoff évoque un certain nombre d’épisodes marquants de son enfance : sa découverte d’un cadavre dans les jardins ouvriers de sa petite ville ; ses rapports avec les jeunes patients de son père ; ses relations difficiles avec ses deux aînés ; ses accès de rage ; les lubies de son père… En soi, des moments presque ordinaires, si l’on excepte le fait de grandir au milieu de pensionnaires internés en psychiatrie… C’est là que l’autre aspect du texte se révèle : c’est un semblant de comédie pris dans l’étau du tragique.

Karin a apprécié l’incroyable humour de ce livre.
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Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas
Paul VEYNE
Albin Michel 2014

Proposé par Arlette

Ce récit autobiographique relate la vie de Paul Veyne, professeur honoraire d’histoire romaine au Collège de France. Depuis le début de sa vocation lorsque petit garçon, il ramassa un tesson d’amphore, sa traversée de la guerre dans une famille de négociants en vins plutôt maréchaliste, son entrée à Normale Sup’ où il côtoiera Althusser, Michel Foucault, sa thèse qui portait sur le don dans la Rome antique. Son adhésion au communisme du bout des lèvres, son engagement contre le colonialisme beaucoup plus marqué pendant la Guerre d’Algérie. Passionné de montagne, les Alpes et la Sainte-Victoire, il sera resté près du Mont Ventoux. Il a enseigné à l’Université d’Aix. Il parle aussi de ses femmes, non sans une certaine coquetterie.

Arlette a aimé ce bilan de vie avec la légèreté de ces mémoires.

Prochaines Tables littéraires
Samedi 10 octobre 2015 avec pour thème : un livre dont le titre comporte soit une couleur soit un nombre soit un seul mot.
Samedi 14 novembre 2015 : la BD.


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