Table littéraire du 14 février 2015

LA NOUVELLE
mercredi 18 février 2015
par  Le webmestre
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Le vagabond et autres histoires

Rabindranath TAGORE

Gallimard 1983
Traduit du bengali par Christine Bossennec et Kamaleswar Brattacharya

Proposé par Marie-Anne

Les nouvelles de Rabindranath Tagore le placent parmi les grands maîtres de cet art dans le monde. Elles illustrent les qualités de son génie, sa vive imagination alliée à une vue pénétrante de la réalité, son sens large de l’humain, son intolérance pour l’injustice et l’erreur. Tagore a observé le drame des humbles vies des villageois avec une sympathie et une compréhension infinies ; en les décrivant, il réussit à leur donner le pouvoir de nous intéresser et de nous émouvoir profondément.

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Histoires de fantômes indiens

Rabindranath TAGORE

Editions Cartouche 2006
Traduit du bengali par Ketaki Dutt-Paul et Emmanuel Pierrat

Proposé par Marie-Anne

Inédite en langue française jusqu’à leur traduction par Emmanuel Pierrat, qui les publia dans sa maison d’édition Cartouche en 2006, les « Histoires de fantômes indiens » furent à l’origine publiées dans diverses revues littéraires de la fin du XIXe siècle, mais jamais réunies du vivant de leur auteur, Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature en 1913.

Ces histoires mettent en scène sept récits, où la tradition littéraire sanskritique des revenants se mêle au genre occidental de la nouvelle fantastique, genre dans lequel le grand écrivain bengali fait montre d’un talent remarquablement moderne.
C’est tout le Nord-Est de l’Inde (qui à l’époque comprenait aussi l’actuel Bangladesh) qui sert de toile de fond à ces contes, où squelettes et morts-vivants, fatalité et amour sont au rendez-vous.

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Petits contes de printemps

Natsume SOSEKI

Editions Philippe Picquior 2003
Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu

Proposé par Marie-Anne

Sôseki fut l’un des grands auteurs japonais du début du XXème siècle, et un des premiers à réaliser dans son oeuvre la synthèse des influences de la littérature japonaise classique et de la littérature occidentale, dont il était fin connaisseur - il fut d’ailleurs professeur de littérature anglaise à l’université de Tokyo.
Les textes très courts rassemblés dans ces "Petits contes de printemps" furent d’abord publiés en feuilleton dans un grand quotidien japonais au printemps 1909 : fragments de journal intime, petites tranches de vie du voisinage, souvenirs de sa jeunesse ou encore de son long séjour d’étude en Angleterre (de 1900 à 1903). Sôseki s’y révèle un maître de la forme brève et de l’économie. Et la délicatesse de touche, la finesse d’observation, la précision et l’attention aux détails, même les plus ténus, qui caractérisent toute son oeuvre font ici tout simplement merveille.
Chacun de ces textes nous offre une miniature colorée et extraordinairement vivante du quotidien dans le Japon du début du XXème siècle, encore en pleine période d’ouverture et de découverte de la culture occidentale, ou - et ce n’est pas moins intéressant - une description d’une grande finesse de cette culture occidentale telle qu’elle pouvait apparaître à un Japonais séjournant alors à Londres.

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A travers les champs bleus

Claire KEEGAN

Sabine Wespieser 2012
Traduit de l’anglais (Irlande) « Walk the blue fields » par Jacqueline Odin

Proposé par Christiane

Née dans une ferme irlandaise, Claire Keegan a quitté son pays pour mieux y revenir. Elle aussi avait besoin de voir ses personnages passer devant chez elle : un prêtre qui interroge Dieu et lui préfère la nature, un époux qui découvre le gouffre de l’abandon, un fils refusant le poids des relations familiales. Tous sont au bord de la falaise et Claire Keegan ne cherche pas à les retenir, elle est juste dans leur ombre, écoute leur souffle, pour décrire en peu de mots d’une justesse imparable les douleurs de l’absence, la solitude absolue et l’hypocrisie sexuelle. Elle cherche dans leurs attitudes et leurs gestes l’expression la plus juste de leurs sentiments : dos fatigué, mains frémissantes, démarche impatiente ou froncement de sourcils. L’Irlande qu’elle évoque semble de toute éternité, où les femmes restent debout derrière les hommes, silencieuses et dures au mal.

La première nouvelle de son troisième livre traduit décrit l’installation d’une écrivaine dans une résidence d’artistes. Elle semble heureuse d’habiter la petite maison où Heinrich Böll venait écrire, mais, tandis qu’elle s’imprègne de cette paix escomptée, cherchant en vain l’inspiration, un homme agressif vient déranger sa rêverie. Or, cet intrus va la ramener à l’écriture, l’aider à composer un personnage, le peaufiner, lui inventer un destin.

La nouvelle qui a donné son titre au recueil raconte l’histoire d’une fille de fermier irlandais, catholique, cossu, qui se marie par un beau jour d’avril. L’atmosphère est légère, harmonieuse, fleurie. Claire Keegan donne à voir avec beaucoup de précision les gens qui assistent au mariage et qui présentent leurs félicitations. Une très bonne lecture.

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Le grand cirque Taddei

Andrea CAMILLERI
Fayard 2014
Traduit de l’Italien (Sicilien) par Dominique Vittoz


Proposé par Pierre

La Vigatà de l’époque fasciste offre à Andrea Camilleri matière à huit nouvelles drôles et truculentes, qui épinglent la bêtise et la cupidité, le pouvoir et la lâcheté, et font triompher la joie de vivre, sous forme de joyeux désordres amoureux. Un condensé de moquerie salutaire dans une langue qui, elle aussi, se joue des carcans, mélange savoureux de dialecte sicilien et d’italien, excellemment traduite.

Dans la Conjuration, un tailleur ambulant déploie avec générosité des talents d’amant qui aiguisent la convoitise de la présidente de l’association des femmes fascistes… Dans Grand Cirque Taddei, le jeune Pippo profite de l’arrivée d’un cirque pour tenter de se débarrasser de sa richissime tante Michela, dont il est le seul héritier… Dans le Trésor enfoui, la voyante Arsenia attire une clientèle nombreuse, parmi laquelle figure le chef mafieux local…

« Ceci est un complot, une conjuration des communistes pour démantigoner le fascisme ! Tu n’as pas idée, Tanina, de la méchantise des communistes, de leur infinie mauvelence ! Comme ils ne croient pas en la sainteté de la famille, ils veulent la charbouiller ! La ridiculiser ! Et comme nous, fascistes, sommes l’élite de l’Italie, en nous empautrant, c’est toute l’Italie qu’ils couvrent de boue ! Mussolini a été trop bon avec les communistes ! Il aurait dû tous les exterminer sans pitié ! Familles comprises ! Au bûcher ! Et que ça saute ! Eux, leurs drapeaux rouges, leurs faucilles, leurs marteaux et leurs bourses du travail ! À mort ! »

Une lecture revigorante.

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Autour de ton cou

Chimamanda Ngozi ADICHIE

Gallimard Collection « Du monde entier » 2013
Traduit de l’Anglais (Nigeria) “The thing around your neck” par Mona de Pracontal

Proposé par Arlette

L’auteure est une jeune femme nigériane qui vit entre les Etats-Unis et le Nigeria.
Ce recueil de 12 nouvelles évoque la politique, la corruption, les conflits, les émeutes, la carte verte, l’exil, l’intégration, le voyage, l’amour, le couple, la séparation, la polygamie, le mariage arrangé, les conventions, la relation à distance, la relation mixte, les liaisons, le harcèlement sexuel, la difficulté à avoir des enfants, la perte de ces derniers, les fausses couches, l’homosexualité, l’esclavage, les mauvais traitements, Dieu, la religion, la relation entre musulmans et chrétiens au Nigeria, les fantômes, la sorcellerie, la mort, la recherche d’une identité culturelle, les traditions nigérianes, les rêves, l’espoir, l’Histoire africaine, etc.

Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit le temps d’une nuit deux femmes que tout sépare : une marchande d’oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l’harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées… Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d’Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d’aujourd’hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l’expérience de l’émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d’humanité.

Au cœur de chaque nouvelle, il y a une figure féminine, forte, digne, animée par aucune haine, aucune revanche mais d’une grande puissance. Une jeune auteure à suivre, d’évidence.

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Contes carnivores

Bernard QUIRINY

Editions du Seuil 2008

Proposé par Céline

Bernard Quiriny, jeune auteur belge, est parvenu à écrire un livre hanté, d’une indéniable habilité. Des chimères sur des curés qui se dédoublent, des miroirs ambigus, des esthètes férus de marées noires et une femme-orange qui se boit, etc. Bernard Quiriny ne s’encombre pas des époques, il invente des légendes qui semblent avoir existé de tout temps. Avec ces « Contes carnivores », il ravive nos plus intimes frayeurs, d’une écriture classique, sans âge. Jouant sur tous les registres du fantastique, exhumant au passage une dizaine d’artistes sublimes qui n’ont jamais vécu : un musicien qui a voulu faire « mugir la tour Eiffel » avec une soufflerie, un peintre sur oeufs de poissons-lunes ou un auteur d’homonymographies (des biographies d’homonymes de gens célèbres). Tous ces fantômes magnifiques coulaient des jours invisibles que Bernard Quiriny a réveillés pour notre plus grand bonheur.

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Dans la nuit Mozambique

Laurent GAUDE

Actes Sud 2008

Proposé par Céline

Le titre du recueil de quatre nouvelles de Laurent Gaudé est déjà en lui-même tout un voyage intérieur : « Dans la nuit Mozambique » entraîne immédiatement l’imagination vers le creuset de l’Humanité qu’est l’Afrique. Les sources de nos origines, le fondement de l’être, les contes et les histoires immémoriaux assaillent la mémoire originelle.

« Le sang négrier » ou les conséquences de la mort, au large de Gorée au Sénégal, du capitaine Bressac, maître d’un bateau négrier. Son jeune second choisit de rapatrier le corps du défunt à St-Malo au lieu de l’immerger, comme le veut la coutume maritime, dans l’océan avec les honneurs, et mettre le cap sur la destination finale de la cargaison du navire. Cargaison hautement fragile et précieuse : des esclaves noirs destinés aux exploitations agricoles du Nouveau Monde. Dès l’arrivée dans la cité malouine, les ennuis commencent : cinq esclaves demeurent introuvables. Une chasse à l’homme, mobilisant toute la population, est ouverte... un seul fugitif restera en liberté et défiera les hommes blancs. Magie noire, malheurs et vengeance feront sombrer le Second dans la folie alcoolisée et la déchéance. La culpabilité est un poison qui ronge et ronge, encore et encore, et dont le point final est un couperet qui claque sèchement sur les âmes conscientes de s’être entachées.

« Gramercy Park Hotel » ou les souvenirs d’un vieil homme qui font ressurgir du passé les amours d’antan. Moshe vient d’être agressé par de jeunes voyous. A sa sortie d’hôpital, il retourne au Gramercy Park Hotel où il vécut, avec Ella une vie d’artiste et de bohême. Hélas, la bohême est loin d’être l’image romantique tant décrite et chantée. La folie peut faire sombrer les passions les plus folles dans les douleurs les plus épouvantables.

Gaudé entraîne son lecteur dans un New York des années 1970 et suivantes, un New York toujours en mutation, toujours en éveil, toujours plus moderne et toujours séduisant. Les hommes vieillissent et meurent, New York demeure, éternellement jeune et lumineux.

Un récit bouleversant où l’émotion prend à la gorge très vite et où les dernières phrases font jaillir un torrent de larmes : les regrets sont toujours les pires souvenirs dans la vie d’un être humain.

« Le colonel Barbaque » ou la fuite désespérée en Afrique noire d’un poilu rescapé des tranchées et devenu inadapté à la vie civile. La guerre n’a appris à Quentin Ripoll que le meurtre à la pointe de la baïonnette. L’armée n’a pas su aider cet ancien combattant à redevenir celui qu’il était avant la boucherie de 14-18. Mais pouvait-on redevenir, après une telle expérience cruelle et sanglante, soi-même, celui d’avant ? Quentin est écœuré par l’absence d’humanité envers les soldats des colonies : M’Bossolo, qui lui a sauvé la vie lors d’une charge, n’a pas eu droit d’avoir son corps rapatrié sur son sol natal. Quentin décide de partir pour ne plus revenir vers cette Afrique si belle et attirante. Là, de trafics en trafics, il deviendra un Dieu de la guerre, le colonel Barbaque, se battant aux côtés des premiers rebelles à la colonisation. Mais la folie des tranchées le rattrapera et fera basculer son destin dans un autre enfer : celui de la lucidité désespérée.

« Dans la nuit Mozambique » met en scène quatre amis dont les retrouvailles autour d’une table de restaurant lisboète rythment la vie, leur vie. Trois anciens élèves de l’école de la Marine et le patron du restaurant, se racontent au fil de leurs voyages maritimes. C’est à qui racontera l’histoire la plus merveilleuse. Un soir le commandant Manuel Passeo commence à raconter à ses comparses, Fernando, le restaurateur, le contre-amiral Da Costa et l’amiral Aniceto de Medeiros, ce qui lui est arrivé au Mozambique, une histoire d’une fille de Tigirka. Parvenu au point culminant de l’histoire, Passeo s’interrompt et donne rendez-vous pour la suite à son prochain passage à Lisbonne. « Le Mozambique me manque » dit un soir l’amiral de Medeiros à Fernando : le cercle d’amis ne compte plus que deux membres, eux. Da Costa a tiré sa révérence, quant à Passeo, il semble avoir disparu. Que reste-t-il de ces soirées d’amitié ? Des souvenirs, des bribes de phrases, des sons, des rires, des verres, toutes ces petites traces de vie si précieuses, immatérielles mais parfois présentes sur des supports les plus inattendus.

C’est un peu l’histoire du monde des hommes que Gaudé relate avec brio dans ses quatre récits. La violence des actes, des sentiments et des émotions est présente au même titre qu’est présent le bonheur de l’existence, de vivre des instants uniques et fugaces, ceux qui construisent et font un être. Les illusions sont souvent balayées par la vie qui malmène les hommes, le désespoir est toujours latent, mais le fait d’accepter l’approche de sa fin ainsi qu’assumer ses erreurs ouvre aux personnages une porte sur une paix avec eux-mêmes

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Sept histoires qui reviennent de loin

Jean-Christophe RUFIN

Gallimard 2011

Proposé par Céline

Sept histoires fortes, drôles, émouvantes. Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu. Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice, Alpes italiennes ... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums. Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain. Sept instants de vie. Un même bonheur de lecture.
Une des nouvelles, « Train de vie », se déroule dans un train Corail, entre Paris et Luxembourg. Avec un arrêt à Chaunes, Ardennes. Pas très exotique a priori. Certes, il y a dans le train une jolie Malienne, de Kiel (Allemagne), mais on quitte peu la grisaille de la vie.

Dans une nouvelle intitulée « Le ¬Refuge Del Pietro », un homme ressasse ses déceptions. Ancienne étoile de la Fédération de haute montagne, il en est réduit à organiser de tristes courses familiales, où il se comporte en tyranneau, pour atteindre un endroit qui n’existe plus. Ce don Quichotte déguisé en guide est à la poursuite de son passé et de ses rêves. N’était l’humour narquois que Rufin distille, cette histoire serait véritablement tragique.

Ces sept nouvelles viennent peut-être de loin, mais elles font surtout du bien.

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Bonbons assortis

Michel TREMBLAY

Actes Sud 2002

Proposé par Céline

Sept nouvelles sur l’enfance de Michel Tremblay. Sept moments à la fois tendres et drôles. Michel nous raconte des anecdotes entre ses 6 et ses 8 ans. Lui et sa famille habite au Québec, dans un appartement plutôt grand mais où les 10 habitants ont parfois l’impression de vivre les uns sur les autres. Ces personnages sont hauts en couleur avec la grand-mère Tremblay, sa fille Robertine et ses deux enfants, son fils (le père de Michel), la belle fille (la mère de Michel), les deux frères de Michel et enfin deux oncles célibataires « qui cherchent du travail ».

La première nouvelle est la plus émouvante. Un conseil de famille se déroule pour savoir qu’offrir à la voisine qui se marie. En effet, la famille est pauvre et n’a pas les moyens d’un cadeau. D’un côté, il y a la fierté d’offrir quand même quelque chose, et aussi la peur du « qu’en-dira-t-on » si aucun cadeau n’est offert, et de l’autre il y a l’impossibilité matérielle. C’est alors la mère de Michel qui sauve la situation jusqu’au moment où Michel….

La deuxième nouvelle décrit un violent orage vu pas les yeux de Michel : un très beau portrait de son père et un parler Québécois qui fait mouche.

« L’hiver y fait trop frette, pis l’été y fait trop chaud. Moé, j’me contenterais du mois de mai ou ben du mois de septembre à l’année ! Y paraît qu’au Paradis terrestre, là ; c’était le mois de septembre à l’année ! Y avait tout le temps des fruits, pis tout le temps des légumes ! Y pouvaient en manger du frais à l’année longue, les chanceux ! Tiens, ça veut même dire, Nana, que quand t’es venue au monde, un 2 septembre, y faisait la même température qu’au Paradis terrestre ! « 
« Madame Tremblay ! Franchement ! Vous lisez trop pour croire des niaiseries pareilles ! Qui c’est qui est allé tchéker ça ? Hein ? Y avais-tu un météorologue au Paradis terrestre ? C’est-tu dans la Bible, coudonc ? Dieu inventa le mois de septembre et vit que c’était bon ? Vous êtes trop intelligente pour croire ça !
- Chus comme toé, chère tite-fille ! J’cré ce qui fait mon affaire ! » Ma mère, bouche-bée, était retournée à sa besogne. (P57)
Ce recueil est un véritable plaisir, alternant moments de tendresse, de disputes, on a envie de croire au père Noël du petit Michel. Un recueil de nouvelles très bien assorties !


Pour prolonger le plaisir de lire des nouvelles, une liste d’auteur(e)s contemporains anglophones

Grande-Bretagne
Julian Barnes/William Boyd/Alan Hollinghurst/Hanif Kureishi/David Lodge

Irlande
Claire Keegan/Colum Mc Cann/Edna O’Brien

Canada
Margaret Atwood/Joseph Boyden /Alice Munro Prix Nobel de Littérature 2013

USA
Russell Banks/Dan Chaon/Philip K. Dick/Louise Erdrich/Richard Ford/Jim Harrison/Bruce Machart/Jay Mc Innerney /Claire Messud/Steven Millhauser/Joyce Carol Oates/Annie Proulx/Philip Roth/James Salter/Brady Udall

Australie
David Malouf/Patrick White prix Nobel de Littérature 1993

Nouvelle-Zélande
Fiona Kidman

Afrique
J.M. Coetzee Prix Nobel de Littérature 2003/Nadine Gordimer Prix Nobel de Littérature 1991/Wole Soyinka Prix Nobel de Littérature 1986

HORS NOUVELLE

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Le rire du grand blessé


Cécile COULON

Editions Viviane Hamy 2013

Proposé par Dany

Drôle de numéro : 1075 est un jeune homme sans nom, un plouc analphabète - ce qui est l’idéal pour les pauvres types de son espèce, nés en périphérie de la ville, dans une de ces "campagnes en décomposition", qui servent de vivier au tyran. Ce dernier, baptisé "Le Grand", a trouvé un moyen pour maintenir la dictature : interdire à ses sujets le libre accès aux livres. L’apprentissage de la lecture devient tabou. Désormais, seuls circulent librement les livres officiels. Le Grand a mis au point les « Manifestations À Haut Risque », des lectures publiques qui ont lieu dans des stades de plus en plus grands pour permettre de réunir toujours plus de consommateurs. S’y déchaînent les passions furieuses des spectateurs. Les Agents de sécurité, impérativement analphabètes, sont engagés et formés pour veiller au strict déroulement du spectacle, éviter les débordements excessifs. 1075, compétiteur formidablement robuste et endurant, issu de nulle part et incapable de déchiffrer la moindre lettre, est chargé de surveiller ceux qui peuvent encore déchiffrer quelques lettres. 1075 devient le meilleur des flics-mercenaires. Jusqu’au jour où... Inutile de déflorer l’intrigue. L’essentiel, c’est que ce roman-là soit de la science-fiction. Et que ce drôle de numéro, inventé par une jeune femme au bagage livresque impressionnant, en rappelle un autre, titre phare de l’après-guerre : 1984, de George Orwell (Gallimard, 1950). Description féroce d’un monde totalitaire, 1984 inventait, parmi d’autres outils à briser les consciences, un "Commissariat aux romans", chargé de fabriquer des ersatz de livres, stupides et bon marché.


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